L’INSEE a publié ses données actualisées sur l’immigration, et la statistique la plus importante de cette publication n’est pas celle que l’on croit.
En 2025, le solde naturel de la France — c’est-à-dire la différence entre les naissances et les décès — est devenu négatif pour la première fois de son histoire récente, avec un déficit de 6 000 personnes.
À l’inverse, le solde migratoire est de +176 000 personnes. Cela signifie que l’immigration est désormais la seule variable qui permet à la population française de ne pas diminuer.
Si on regarde la tendance longue, le solde naturel s’est effondré, passant de +302 000 personnes en 2006 à −6 000 aujourd’hui.
Le solde migratoire, lui, fluctue selon les années, sans réelle tendance à la hausse depuis 2006.
Autre angle mort du débat public : les départs. L’INSEE montre que pendant des décennies, le solde des personnes nées françaises était négatif. Autrement dit, les Français non immigrés étaient plus nombreux à quitter le territoire qu’à y revenir. Invisibiliser ces départs de natifs tout en pointant du doigt l’envoi d’argent des immigrés comme une forme de « déloyauté » est un propos politique, pas une analyse démographique.
Attribuer la transformation de notre démographie à une supposée explosion migratoire alors qu’elle est provoquée par un vieillissement naturel, c’est inverser les causes et les effets.


