Les nouveaux chiffres de l’Insee 2026 : que signifient-ils ? 1/3

Le 4 juin 2026, l’INSEE a publié ses données actualisées sur la population née ou résidant à l’étranger. Les chiffres qui circulent sont précis : 8 millions d’immigrés en France, soit 11,6 % de la population totale, et 6,3 millions d’étrangers, soit 9,1 % . 

Ces données proviennent du recensement, et méritent trois précisions indispensables : 

1. D’abord, un immigré est une personne née étrangère à l’étranger, quelle que soit sa nationalité actuelle. On reste immigré à vie pour les statistiques, même si l’on devient français. C’est le cas de 2,6 millions de personnes en France, soit un tiers d’entre eux.

2. En revanche, un étranger est une personne qui n’a pas la nationalité française, qu’elle soit née en France ou non. C’est pourquoi les deux groupes ne se recoupent pas totalement : la population étrangère comprend 5,3 millions d’immigrés qui n’ont pas la nationalité française, mais elle inclut aussi près d’un million de personnes nées en France, qui sont de nationalité étrangère.

3. Enfin, pour mesurer la réalité des flux, les démographes calculent le taux de migration net, c’est-à-dire le solde migratoire pour 1 000 habitants. En France, il est de 2,2 pour 1 000. C’est deux fois moins que la moyenne européenne, qui culmine à 5,3 pour 1 000, et loin derrière l’Espagne, l’Allemagne ou encore l’Italie. 

Toutes ces définitions répondent aux standards nationaux et internationaux. Les confondre, ou additionner les chiffres pour les gonfler artificiellement, ce n’est plus de la statistique : c’est un choix politique et rhétorique.

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